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Musiques en Méditerranée:
Médias

Article paru dans le MIDI LIBRE (Montpellier)
Édition du lundi 29 juin 2009

Saint-Guilhem-le-Desert

Musique: Gellone, La Méditerranée et au-delà

Pour clore l'inauguration du Musée de l'abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert, le public s'est levé en "standing ovation", avant-hier, dans l'enthousiasme des musiques partagées par les membres de la Camerata Mediterranea et de l'orchestre Abdelkim Raïs, de Fès. Les Cantigas de Santa Maria mêlent musiques chrétienne, arabe et juive, comme à la cour d'Alphonse le Sage au XIII e siècle. Joël Cohen insiste sur l'importance de faire vivre ce qui réunit plutôt que de « s'obséder sur ce qui divise » et il dédie Ahot ketana, "la petite soeur", à Neda tuée à Téhéran.

En quatre montages, les musiciens font alterner cantigas et noubats, joués par tous. Car dans cette époque unique où le Roi avait avec lui treize musiciens chrétiens, autant de musulmans et de juifs, toutes les créations étaient partagées. La mère de Dieu est aussi une Vierge seule et délaissée, plus proche du Coran que des Évangiles, mêlée à des miracles.

La simple mélodie composée par le Roi Alphonse, où il fait un tableau de sa vie est extrêmement touchante. Mehmet Sanlikol y est véhément, et Equidad Barès très expressive. Anne Azéma a toujours la délicatesse et les nuances qui en ont fait la "dame" de Saint-Guilhem. Tous chantent à voix différentes : Aziz Alami, indispensable au tar, Suzanne Ansorg, qui apporte la grâce de la vièle, Joël Cohen, qui s'accompagne au luth, et Mohamed Briouel, le successeur d'Abdelkim Raïs. On imagine Siméon qui accueille au temple le fils de Dieu avant de mourir et le bon religieux qui célèbre les cinq lettres du nom de Marie devenues autant de roses...

L'instrumentation s'enrichit de la zurna (bombarde) et d'une chiffonie (petite vielle). Le public, partition en main, chante le Cantiga 100 Santa Maria, dans une atmosphère de liesse. Le concert de la veille, tout comme les rencontres, ont aussi connu un grand succès. La Méditerranée réunit, pour aller plus loin.

Michèle FIZAIN



Saint-Guilhem-le-Desert

A l'occasion de l'inauguration du musée de l'abbaye de saint guilhem le désert et du colloque de la camerata mediterranea, j'ai eu le plaisir d'entendre le concert de clôture consacré aux cantigas de Santa Maria. Merveilleuse soirée dans le cadre unique de l'église abbatiale de saint guilhem, de pur style roman languedocien. Musiques en adéquation avec le lieu, une acoustique mesurée, à l'échelle de ce répertoire. Musiques à la cour de Alfonso el Sabio, roi de castille au XIII° siècle, réunissant chrétiens, musulmans et arabes. Grâce au choix judicieusement pensé, divers musiciens de ces divers horizons étaient réunis por notre plaisir. Comme l'a souligné à juste titre Joël Cohen, il est temps de s'occuper de ce qui réuni les être humains, plutôt que de se focaliser trop souvent sur ce qui les sépare! merci pour cette réflexion simple et pourtant lourde de sens. La musique ici ce soir là, en était la plus belle des démonstrations.

Munoz

Ce qui m'a frappé aussi lors de ce concert, c'était la jubilation, la joie sincère des chanteurs et des instrumentistes, communicative pour le public: sourires, rires échangés, bonheur de faire et partager la musique, voeu de tout artiste. Et le répertoire sur la Santa Maria BMV et toujours prodigieux et mine d'or.

Bravo à tous et merci pour nous avoir donné autant de bonheur.

FREDERIC MUNOZ
Frédéric Muñoz est Titulaire de l’Orgue Historique de l’Abbaye de Saint Guilhem le Désert (Hérault)



Saint-Guilhem-le-Desert

Article paru dans le MIDI LIBRE (Montpellier)
Édition du jeudi 25 juin 2009

La Camerata a Gellone dans le coeur Elle avait réservé sa réponse. A présent, c'est sûr : Christine Albanel ne viendra pas à l'inauguration du musée du cloître de l'abbaye de Gellone, vendredi et samedi. Remaniement ministériel oblige. Quant au nouveau ministre de la Culture, sa présence semble peu probable. Question d'emploi du temps bousculé.

Joël Cohen, directeur de la Camerata Mediterranea, le regrette : « A une époque, on était voisin dans le Lubéron et on a beaucoup parlé musique ». Rien de plus normal quand on connaît le parcours de ce fin virtuose américain, spécialiste des répertoires de musiques médiévales et anciennes. Enfant, il baigne dans le solfège : sa mère est pianiste, son oncle chante à la synagogue de Petrograd. « Dans les années 70, j'ai étudié à Paris auprès de Nadia Boulanger, musicienne et pédagogue renommée ».

C'est l'immersion dans une culture qu'il chérit et qui le lui rend bien. « On m'a décoré en France bien avant les Etats-Unis. C'est un pays d'ouverture, qui respecte les artistes. Et puis, j'ai épousé une Française, la soprano Anne Azéma, qui m'a succédé à la direction de la Boston Camerat a. » Joël Cohen y officie 39 ans.

En 1989, il crée la Camerata Mediterranea. Elle oeuvre, comme son aînée de Boston, aux recherches et rencontres entre scientifiques et artistes. Mission saluée par le public à travers le monde et par de nombreux prix. « Nos travaux portent sur les anciennes musiques orientales et occidentales, le dialogue entre pays et cultures qui paraissent différentes mais qui ont tant de similitudes. Il faut casser les cloisons ». Le message de la Camerata est musical et humaniste : « Connaître, échanger, c'est apprendre à être tolérant ».

L'association est une habituée de Saint-Guilhem, dont l'histoire et le patrimoine correspondent bien à l'esprit. Elle animera concerts et conférences durant ces deux jours inauguraux. Et a participé financièrement à l'événement. D'ailleurs, il se pourrait bien que la collaboration perdure. Chaque deux ans. Au coeur de Gellone.

P. GUIPPONI

Saint-Guilhem-le-Desert

"De merveilleux moments"

Appréciant depuis longtemps le travail de la Boston Camerata, nous avons suivi la naissance du projet de la Camerata Mediterranea qui aujourd’hui s’affirme dans cette collaboration musicale rendue si vivante et chaleureuse lors des premières journées historiques et musicales du 26 et 27 juin 2009 dans le merveilleux cadre de l’abbaye de Gellone à Saint Guilhem le désert.

Nous sommes de simples auditeurs aimant la musique, le chant. Et ce fut une découverte véritable pour nous, tant lors des deux concerts donnés le 26 juin et le 27 juin que durant le colloque. Si des spécialistes mondiaux et reconnus étaient présents pour nous transmettre leur passion et leur enthousiasme envers la musique médiévale qui recèle encore et toujours de nombreux mystères, ce fut avec tant de modestie généreuse que notre curiosité s’est vite transformée en intérêt et plaisir de ces mondes sonores si divers autour de la Méditerranée, mais aussi si proches dans leur démarche et leur finalité.

Ce furent de merveilleux moments musicaux grâce à Joel Chen, Anne Azema et aux musiciens et chanteurs qui les entouraient. Le village de Saint Guilhem est aussi un endroit si beau tel un joyau et animé par un maire très sympathique et dynamique.

Bravo et nous espérons tous que nous pourrons revivre l’année prochaine de semblables moments de bonheur et de partage.

Marie Jacqueline Lauriau